Aller au contenu

Exposition · Histoire · La fée verte

Pourquoi la France a-t-elle interdit l'absinthe ?


En 1901, l'absinthe ressort d'une source du Jura ; en 1915, elle sort de la loi. Sept salles pour suivre une liqueur de pharmacie devenue industrie, emblème, bouc émissaire, puis indication géographique.

8 salles · environ 8 minutes

Commencer la visite

Objet phare

Eau-forte : un homme en haut-de-forme et cape debout, adossé à un muret, une bouteille vide couchée à ses pieds.

Le Buveur d'absinthe (1er état)

Édouard Manet · 1862 · Eau-forte

Édouard Manet, Le Buveur d'absinthe, eau-forte, premier état, 1862. Reprise gravée du tableau refusé au Salon de 1859, aujourd'hui conservé à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague. BnF, département des Estampes.

Source gallica.bnf.fr / BnF, ark:/12148/btv1b53259142b — domaine public.

Salle 01 sur 08 1859-1862

Comment une boisson est-elle entrée dans l'image ?


Sous le Second Empire, l'absinthe est la boisson de Paris la plus commentée. Les chroniqueurs parlent d'une « heure verte », celle de la fin d'après-midi ; caricaturistes et peintres s'emparent du verre trouble comme d'un signe de la ville moderne.

En 1859, Édouard Manet présente au Salon le portrait en pied d'un chiffonnier, un verre posé près de lui. Le jury le refuse. Trois ans plus tard, Manet reprend la figure dans cette eau-forte : un homme sans héroïsme, drapé dans un manteau usé, et le nom de la boisson dans le titre.

L'absinthe entre ainsi dans l'image avant d'entrer dans la loi. Le visage qu'on lui donne alors — celui du marginal — servira d'argument cinquante ans plus tard.

Le verre est parisien ; ce qu'il contient vient d'une petite ville du Doubs, à la frontière suisse.

Salle suivante
Comment nous savons

Degré de certitude


Attesté — documenté par des sources de première main ou une historiographie solide.

Sources

  • Gallica, BnF, Estampes : É. Manet, Le Buveur d'absinthe, 1er état, 1862, ark:/12148/btv1b53259142b
  • Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague : É. Manet, Le Buveur d'absinthe, huile sur toile, 1859, refusée au Salon de 1859

Objet phare

Photographie en noir et blanc : dans l'eau jusqu'aux cuisses, des porteurs déchargent des caisses d'une barque vers la plage ; au fond, un port et des voiliers.

Le débarquement [de caisses contenant de l'absinthe C. F. Berger] à Casablanca

Agence Rol (photographie de presse, Raymond Lavagne ?) · 1913

Agence Rol, Le débarquement [de caisses contenant de l'absinthe C. F. Berger] à Casablanca, photographie de presse, 1913. Les caisses ne sont pas de Pernod : à cette date, l'absinthe est fabriquée par des dizaines de maisons et vendue bien au-delà de la France.

Source gallica.bnf.fr / BnF, ark:/12148/btv1b53232059g — domaine public.

Salle 02 sur 08 1805-1912

Comment une liqueur de montagne est-elle devenue une industrie ?


En février 1805, un distillateur venu de Couvet, en Suisse, Henri-Louis Perrenod, fonde à Pontarlier une maison sous son nom, qu'il écrit désormais Pernod. Sa « fabrique d'eau verte » compte deux alambics et sort, vers 1810, seize litres par jour.

Ce qui sort de ses alambics est une eau-de-vie de plantes. La grande absinthe, l'armoise amère cultivée sur les plateaux du Haut-Doubs, y macère avec l'anis vert et le fenouil dans un mélange d'alcool et d'eau, puis passe à l'alambic de cuivre ; on y fait ensuite infuser de la petite absinthe et de l'hysope, qui lui donnent sa teinte vert pâle. Quand on y verse de l'eau froide, la liqueur se trouble et devient opaline : c'est ce verre laiteux que l'on surnommera la fée verte.

Un siècle plus tard, le même nom désigne une usine. En 1896, la distillerie Pernod Fils produit 20 000 litres par jour, avec ses foudres, ses wagons-réservoirs et son embranchement ferroviaire. En 1912, elle emploie 265 personnes.

La photographie de Casablanca dit l'autre moitié de l'histoire : en 1913, l'absinthe se décharge à dos d'homme sur les plages de l'empire. Ce qui était un élixir de montagne est devenu une marchandise de masse — et c'est cette masse qui va inquiéter.

Fait ou légende ? « L'absinthe a été inventée vers 1792 par un médecin français réfugié en Suisse, le docteur Ordinaire. » Tranchez avant d’ouvrir. Voir la réponse

C’est plus compliqué.

C'est le récit le plus répandu, et il circule en plusieurs versions — un médecin, deux sœurs Henriod, un marchand. Aucune n'est appuyée sur une archive publiée. Ce qui est documenté commence avec la distillerie de Couvet en 1802 et la maison Pernod de Pontarlier en 1805.

Le 11 août 1901, l'usine de Pontarlier brûle. Et l'absinthe va reparaître là où personne ne l'attendait.

Salle suivante
Comment nous savons

Degré de certitude


Attesté — documenté par des sources de première main ou une historiographie solide.

Sources

  • Inventaire général du patrimoine culturel, Région Bourgogne-Franche-Comté, dossier IA25001599, « Distillerie Pernod », R. Favereaux, 2016
  • Gallica : Agence Rol, Le débarquement à Casablanca, 1913, ark:/12148/btv1b53232059g

Objet phare

Photographie en noir et blanc : une rivière jaillit en cascade d'une grotte ouverte au pied d'une haute falaise calcaire ; à droite, un mur et une arche de pierre.

Source de la Loue

Agence Rol (photographie de presse) · 1923

Agence Rol, Source de la Loue, photographie de presse, 1923. La rivière naît d'une grotte au pied d'une falaise calcaire, à Ouhans (Doubs). L'épisode de 1901 en a fait un cas d'école de l'hydrologie du karst.

Source gallica.bnf.fr / BnF, ark:/12148/btv1b53111197c — domaine public.

Salle 03 sur 08 1901

Pourquoi une source du Jura a-t-elle senti l'anis ?


Le 11 août 1901, la foudre met le feu à la distillerie Pernod, au bord du Doubs. Les bâtiments sont détruits. Pendant l'incendie, les cuves sont vidées, et des milliers de litres d'absinthe et d'alcool partent à la rivière.

Deux jours plus tard, à la source de la Loue — une autre rivière, de l'autre côté d'un plateau, à une douzaine de kilomètres à vol d'oiseau —, l'eau se trouble et sent l'anis. Le récit retient le nom d'André Berthelot, qui signale le fait à l'Académie des sciences dès 1901.

L'explication est souterraine : une partie du Doubs se perd dans le calcaire et ressort à la Loue. Ce que l'incendie a suggéré, des traçages au colorant versés dans le Doubs le confirment ensuite. Une boisson a servi, malgré elle, de traceur.

Fait ou légende ? « L'incendie de 1901 a prouvé que la Loue est une résurgence du Doubs. » Tranchez avant d’ouvrir. Voir la réponse

C’est plus compliqué.

L'odeur d'anis à la Loue deux jours après l'incendie est le récit fondateur, transmis par des sources secondaires. La démonstration vient des traçages au colorant faits ensuite. L'incendie a mis sur la piste ; il n'a pas, à lui seul, démontré.

L'usine est reconstruite dès 1902. Au même moment, d'autres demandent qu'on ferme toutes les autres.

Salle suivante
Comment nous savons

Degré de certitude


Probable — l’historiographie s’accorde, mais une date ou une attribution reste discutée.

Sources

  • Inventaire Bourgogne-Franche-Comté, dossier IA25001599 (incendie du 11 août 1901 provoqué par la foudre, reconstruction en 1902-1903)
  • Showcaves.com, « Pernod » : témoignage d'André Berthelot et traçage au colorant d'E.-A. Martel (source secondaire)
  • Gallica : Agence Rol, Source de la Loue, 1923, ark:/12148/btv1b53111197c

Objet phare

Affiche pédagogique : organes malades peints en couleurs — foie hypertrophié, estomac, cœur — entre des paragraphes en rouge et bleu ; dernière ligne : « l'alcool et l'absinthe sont les poisons du cerveau ».

Ligue nationale contre l'alcoolisme. Action néfaste de l'alcool sur notre corps

1911

Ligue nationale contre l'alcoolisme, Action néfaste de l'alcool sur notre corps, affiche, 1911. À lire comme une pièce de propagande : le vocabulaire mêle constat médical et effroi, et la conclusion désigne l'absinthe.

Source gallica.bnf.fr / BnF, ark:/12148/btv1b53127521p — domaine public.

Salle 04 sur 08 1905-1914

Qui voulait la mort de la fée verte ?


Au tournant du siècle, l'absinthe concentre les accusations. Des médecins décrivent un « absinthisme » distinct de l'alcoolisme, imputé à l'essence de la plante. Les ligues de tempérance en font leur cible. Les viticulteurs, éprouvés par le phylloxéra puis par la surproduction, y voient une concurrente qu'on peut accuser sans accuser le vin.

L'affiche de la Ligue nationale contre l'alcoolisme, en 1911, est une pièce de cette bataille : des organes dessinés, des affirmations en rouge, et une dernière ligne qui isole l'absinthe parmi les « poisons du cerveau ».

L'Europe bouge avant la France. En 1905, en Suisse, un ouvrier, Jean Lanfray, tue sa femme et ses deux filles ; l'enquête retient qu'il avait bu de l'absinthe, parmi beaucoup d'autres alcools ce jour-là. Le pays l'interdit par votation en 1908. La Belgique l'a fait en 1905, les Pays-Bas suivent en 1909, les États-Unis en 1912.

Fait ou légende ? « L'absinthe rendait fou à cause de la thuyone, la molécule de la grande absinthe. » Tranchez avant d’ouvrir. Voir la réponse

C’est une légende.

La thuyone est toxique à forte dose. Mais l'analyse d'absinthes d'avant l'interdiction, publiée en 2008, y trouve des teneurs trop faibles pour expliquer les troubles décrits. Le danger principal de ces boissons titrant près de 70 degrés était l'alcool lui-même.

Il manquait une occasion pour passer des campagnes à la loi. Elle arrive en août 1914.

Salle suivante
Comment nous savons

Degré de certitude


Probable — l’historiographie s’accorde, mais une date ou une attribution reste discutée.

Sources

  • Gallica : Ligue nationale contre l'alcoolisme, affiche, 1911, ark:/12148/btv1b53127521p
  • D. W. Lachenmeier et al., « Chemical composition of vintage preban absinthe with special reference to thujone, fenchone, pinocamphone, methanol, copper, and antimony concentrations », Journal of Agricultural and Food Chemistry, 56 (9), 2008
  • Constitution fédérale suisse de 1874, art. 32ter (interdiction de l'absinthe adoptée par votation le 5 juillet 1908)

Objet phare

Affiche administrative imprimée en noir : « République française, Préfecture des Vosges, Interdiction de la vente de l'absinthe, Arrêté », trois articles, datée d'Épinal le 17 août 1914 et signée du préfet Linarès.

Préfecture des Vosges. Interdiction de la vente de l'absinthe. Arrêté

Pierre Linarès, préfet des Vosges · 1914

Préfecture des Vosges, Interdiction de la vente de l'absinthe, arrêté imprimé, Épinal, 17 août 1914, signé du préfet Pierre Linarès. Le texte s'appuie sur la loi municipale du 5 avril 1884 et sur une circulaire du ministre de l'Intérieur datée de la veille.

Source gallica.bnf.fr / BnF, ark:/12148/btv1b106734075 — domaine public.

Salle 05 sur 08 1914-1915

Comment interdit-on une boisson en quelques mois ?


La guerre fait ce que trente ans de campagnes n'avaient pas obtenu. Le 16 août 1914, le ministre de l'Intérieur invite les préfets à interdire la vente de l'absinthe ; le lendemain, à Épinal, le préfet des Vosges signe l'arrêté exposé ici. D'autres départements suivent, et Paris aussi.

Le 7 janvier 1915, un décret étend l'interdiction de la vente et de la circulation à toute la France, mais pour la seule durée des hostilités. La loi du 16 mars 1915 rend la mesure définitive : elle interdit la fabrication, la vente en gros et au détail et la circulation de l'absinthe et des « liqueurs similaires ». Votée en pleine guerre, elle se présente comme une mesure de défense nationale.

À Pontarlier, la distillerie Pernod devient hôpital militaire, puis ferme. En 1919, elle est vendue à une compagnie de chocolatiers, qui y installe une confiserie.

« La vente de l'absinthe est interdite à partir de ce jour et jusqu'à nouvelle décision, dans les débits de boissons du département des Vosges. »

— Arrêté du préfet des Vosges, article 1er, 17 août 1914

Interdire une boisson ne supprime pas la demande qu'elle servait. Qu'est-ce qui prend sa place ?

Salle suivante
Comment nous savons

Degré de certitude


Attesté — documenté par des sources de première main ou une historiographie solide.

Sources

  • Gallica : Préfecture des Vosges, Interdiction de la vente de l'absinthe, arrêté du 17 août 1914, ark:/12148/btv1b106734075
  • Loi du 16 mars 1915 relative à l'interdiction de la fabrication, de la vente en gros et au détail, ainsi que de la circulation de l'absinthe et des liqueurs similaires
  • Conseil d'État, 29 avril 1921, Société Premier et Henry (le décret du 7 janvier 1915 ne produit son effet que pendant la durée des hostilités et doit être ratifié par les Chambres)
  • Inventaire Bourgogne-Franche-Comté, dossier IA25001599 (hôpital militaire, fermeture, vente de 1919 à Peter-Cailler-Kohler)

Objet phare

Photographie en noir et blanc : sur une place de Paris, une file d'hommes en canotier et pantalon blanc marche en portant chacun un panneau publicitaire au-dessus de la tête.

Publicité [la cressonnée, absinthe ?]

Agence Rol (photographie de presse) · 1925

Agence Rol, Publicité [la cressonnée, absinthe ?], photographie de presse, 1925. Le point d'interrogation est celui du catalogue de la BnF : dix ans après l'interdiction, on ne sait pas dire, d'après l'image, de quelle boisson il s'agit.

Source gallica.bnf.fr / BnF, ark:/12148/btv1b53152112d — domaine public.

Salle 06 sur 08 1920-1940

Qu'est-ce qui a pris la place de l'absinthe ?


La loi de 1915 vise la plante, pas l'anis. Au début des années 1920, l'État tolère des apéritifs anisés sans grande absinthe, à un degré d'abord limité, puis plus élevé. Les distillateurs reconvertissent leurs alambics : mêmes plantes ou presque, moins une. La marque Pernod Fils, vendue en 1926, passe elle aussi aux anisés.

En 1925, à Paris, des hommes-sandwichs promènent le nom d'une de ces boissons de remplacement ; le catalogue de la BnF hésite encore, en légende de la photographie : « absinthe ? ». En 1932, un négociant marseillais, Paul Ricard, lance un « pastis » ; le mot provençal désignait un mélange. En 1938, le degré autorisé monte à 45.

La boucle n'est pas fermée pour autant : en 1940, le gouvernement de Vichy interdit les apéritifs titrant plus de 16 degrés, et les anisés ne reviennent qu'après la guerre. Une boisson interdite a engendré une famille entière, que la loi encadre degré par degré.

Fait ou légende ? « Le pastis a été inventé pour contourner la loi de 1915. » Tranchez avant d’ouvrir. Voir la réponse

C’est plus compliqué.

L'anis entrait déjà dans la recette de l'absinthe, et des boissons anisées existaient avant 1915. Ce que l'interdiction a créé, c'est un marché et un cadre : des anisés sans grande absinthe, dont l'État fixe puis relève le degré maximal.

Pendant près d'un siècle, le mot même d'absinthe reste interdit sur une étiquette française. Comment revient-il ?

Salle suivante
Comment nous savons

Degré de certitude


Probable — l’historiographie s’accorde, mais une date ou une attribution reste discutée.

Sources

  • Gallica : Agence Rol, Publicité [la cressonnée, absinthe ?], 1925, ark:/12148/btv1b53152112d
  • Inventaire Bourgogne-Franche-Comté, dossier IA25001599 (vente de la marque Pernod Fils à André Hémard, 1926)
  • France.fr, « 5 petits secrets à connaître sur le pastis » (chronologie 1922, 1932, 1938, 1940, source secondaire)

Objet phare

Photographie en noir et blanc d'une rue de petite ville en hiver : maisons basses, neige sur les toits, quelques passants sur la chaussée.

Pontarlier, vue de la grande rue

Agence Rol (photographie de presse) · 1926

Agence Rol, Pontarlier, vue de la grande rue, photographie de presse, janvier 1926. La ville est photographiée pour des championnats de ski ; ses distilleries d'absinthe sont fermées depuis dix ans.

Source gallica.bnf.fr / BnF, ark:/12148/btv1b53157292t — domaine public.

Salle 07 sur 08 1988-2019

Pourquoi l'absinthe revient-elle avec le nom d'une ville ?


Pendant plus de soixante-dix ans, la plante disparaît des alambics français. En 1988, un décret permet de nouveau de distiller la grande absinthe, à condition de ne pas écrire son nom sur l'étiquette ; à Pontarlier, des distilleries reprennent les gestes d'avant 1915.

On y retrouve l'eau-de-vie que décrivaient les fabricants du XIXe siècle : la grande absinthe cultivée et séchée sur le plateau, l'anis vert, la macération puis l'alambic de cuivre, et cette teinte jaune pâle tirant sur le vert qui se trouble au contact de l'eau. Le mot lui-même revient en 2011, quand la loi de 1915 est abrogée, en partie parce que la Suisse cherchait à se le réserver.

Pontarlier demande alors la protection de son nom, que la France accorde en 2013 et l'Union européenne en 2019. Interdite au nom de la santé publique, l'absinthe revient au nom d'un lieu.

Il reste à rassembler ce que ces sept salles ont démêlé.

Ce qu’il faut retenir
Comment nous savons

Degré de certitude


Attesté — documenté par des sources de première main ou une historiographie solide.

Sources

  • Décret n° 88-1024 du 2 novembre 1988
  • Loi n° 2011-525 du 17 mai 2011 de simplification et d'amélioration de la qualité du droit (abrogation de la loi du 16 mars 1915)
  • Décret du 12 juillet 2013 approuvant le cahier des charges de l'indication géographique « Absinthe de Pontarlier » (JORF du 19 juillet 2013)
  • Règlement d'exécution (UE) 2019/1350 de la Commission du 12 août 2019 (enregistrement de l'indication géographique « Absinthe de Pontarlier »)

Salle 08 sur 08 Dernière salle

Ce qu’il faut retenir


Pourquoi la France a-t-elle interdit l'absinthe ?

La réponse L'absinthe a été interdite en 1915 moins pour ce qu'elle contenait que pour ce qu'elle représentait : devenue le symbole de l'alcoolisme, elle a servi de coupable à un pays en guerre — et elle revient en 2011 sous le contrôle de sa composition et avec le nom d'une ville.

  1. Avant d'être interdite, l'absinthe était une industrie : 20 000 litres par jour à Pontarlier en 1896.
  2. L'interdiction est fille de la guerre autant que de l'hygiénisme : des préfets l'appliquent dès août 1914, la loi suit en mars 1915.
  3. Les analyses d'absinthes anciennes ne confirment pas la folie attribuée à la thuyone ; le danger principal était l'alcool.
  4. L'absinthe est une eau-de-vie de plantes, grande absinthe, anis vert et fenouil, qui se trouble au contact de l'eau ; on la distille de nouveau à Pontarlier, et son nom est revenu en 2011.

Exposition publiée le 3 octobre 2026. Les textes sont écrits par l’équipe du SpiLi et attendent la relecture du conseil scientifique.